Vite, un Pôle public des transports et mobilités et la planification, ça urge !

Il y a deux jours se clôturaient les AmFIs 2020 de la France insoumise qui avouons le ont été un succès ! Plus de 5500 personnes accueillies, des conférences et des ateliers de qualité, et une prise de parole de Jean-Luc Mélenchon qui était à la hauteur des enjeux actuels… Mais cet note de blog n’est pas là pour faire un retour sur cet événement.  J’introduis mon propos de cette façon, car avec ma co-animatrice de l’équipe transports Émilie Marche et l’Eurodéputée Leïla Chaibi, nous avons proposé une conférence sur le thème « Vers un Pôle public des transports et de la mobilité » où nous avons décliné des arguments permettant de défendre la création d’un tel pôle, et je remercie les personnes y ayant assisté pour la qualité des débats, même si 1h30 cela reste assez court. Hélas en ce début de semaine la direction de SNCF Fret SAS prévoit la suppression de 10% des agents de conduite de cette activité*, alors même que le gouvernement parle de relance du Fret ferroviaire. Preuve que pour le monde du capital la relance doit passer par la privatisation et la concurrence exacerbée plutôt que par un service public fort au service de l’Etat, des citoyennes et citoyens et de la planification écologique. Avec eux le lobby routier a de belles heures devant lui en France. Alors il est grand temps d’à nouveau expliquer à ces gouvernantes et gouvernants ainsi qu’à ces dirigeantes et dirigeants que si l’on veut relever les défis à venir que nous impose la situation climatique, il faut planifier nos transports et les mobilités pour qu’ils soient en accord avec l’urgence climatique et avec les besoins de toutes et tous.

Depuis des années les politiques menées en matière de transports et de mobilités sont faite au bénéfice du tout routier et des transports individuels. Les transports publics propres tels que le rail sont sacrifiés sur l’hôtel des profits et des intérêts de grands groupes et multinationales privées. Un bel exemple que l’on pourrait cité et celui du Fret. Son ouverture à la concurrence, qui soit disant devait lui donner un élan, n’a fait que réduire sa part modale à 9% de nos jours, alors même qu’elle était passée de 66% en 1950 à 17% en 2000,  et a détruit un outil précieux sur lequel je reviendrai : le wagon isolé. Ce fret s’effondre au point que la toute nouvelle SNCF Fret SAS est sur le point de déposer le bilan ou être mise en liquidation d’ici la fin de l’année 2020. Pendant ce temps la SNCF, groupe public ferroviaire, depuis peu devenue Société anonyme, sous l’impulsion de son ancien président, Guillaume Pépy, est devenue une vraie holding de transports et au passage un des plus importants transporteurs routiers du continent européen, cherchez l’erreur. Le ferroviaire voyageur au travers des paquets ferroviaires européens et la loi dite « pour un nouveau pacte ferroviaire » préparant la concurrence dès le 1er Janvier 2021, n’est pas en reste. La SNCF historique a été découpée en plusieurs sociétés anonyme pour préparer la vente à la découpe de l’exploitation du réseau et des activités.

On peut ajouter à tous ceci, la crise de la Covid-19, qui a stoppé toute cette économie capitaliste qui nous entoure, mais qui a aussi emmené un coup d’arrêt à tout le transport aérien qui subit la pire crise de son siècle d’existence. Cette crise est telle, qu’elle a stoppé les commandes des constructeurs, qu’elle a cloué au sol les avions pendants de longs mois, et pour que tout ce système se relance et reprenne le « rythme de croisière » actuel, si toute fois nous désirons qu’il reprenne, ce ne sera pas avant 2025. Mais le voulons-nous vraiment ? Cette crise, entraine aussi des licenciements en cascades, des « Accords de performance collective », chimère destructrice, construite par le Président Macron au début de son mandat, permettant de réduire les salaires et les conditions de travail. Plutôt que d’accompagner une réelle mutation de ce secteur, l’État a préféré subventionner à coup de milliards le renflouement des dividendes. 

Que d’exemples qui démontrent à eux seuls le manque de volonté, de stratégie de l’État en matière d’équilibre des territoires, de maintient de services publics alors que tout cela même est une des base d’une réelle République.

Alors oui, tout ceci peut nous amener à réfléchir, comment tout un secteur d’activité peut se métamorphoser pour être réellement au service des citoyens. Surtout n’oublions pas que ce secteur, les transports et mobilités, que ce soit voyageur comme fret, doit partir d’un  postulat simple : « Dans nos déplacements, nous n’utilisons pas qu’un seul seul moyen de transport ou une seule mobilité. »  C’est en partant de cela que nous devons réfléchir, en matière de politique de transports et mobilités, non pas en terme de trajet dans un moyen de transports, mais au déplacement global, donc inter- et multi-modalité. Et que des réseaux de transports et de mobilités et leurs interconnexions, quelque soit l’échelle que nous prenons, doivent impérativement planifiés, mais aussi construites avec l’implication citoyenne. Et pour que cette planification des transports puisse se mettre en place dans le cadre de la planification écologique que nous appelons de nos voeux, il faut se doter d’un outil politique fort : un pôle publics des transports et mobilités.

Alors oui, il est grand temps de mettre en place cet outil au service d’une réelle planification des transports. Mais pour cela, il faut déjà des actes forts. En premier lieu, de grandes nationalisations et renationalisations. On peut citer en exemples, nos grandes compagnies aériennes nationales, ainsi que tous les aéroports et les sous-traitants de l’aérien, la SNCF, qui doit être à nouveau intégrée et unifiée et y intégrant aussi tous les sous traitants du ferroviaires, et elle ne doit pas être soumise à la concurrence, qui elle est néfaste au service public, sans oublier le maintient public et la non concurrence pour la RATP. On peut y ajouter les autoroutes. Et avec tout ça la réflexion pour une vraie planification pourra s’engager. Le pôle public des transports et mobilité, pourra être en charge de cette dernière et mettra en place les outils pour sa mise en oeuvre au bénéfice de la bifurcation et de la planification écologique, et surtout des citoyennes et citoyens.

Avec l’équipe du Livret transport de la France insoumise nous travaillons à ce sujet et le défendrons avec nos parlementaires pour qu’enfin les enjeux écologiques, sociaux et démocratiques du XXIème siècle en matière de transports et mobilités soient réellement pris en compte dans une politique ambitieuse mais tournée vers l’avenir et la mutation de tout un pan de l’économie française.

* cf article de Liberation du 24 Août 2020 https://www.liberation.fr/france/2020/08/24/sncf-10-de-conducteurs-en-moins-pour-le-fret_1797606

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